Le marché valaisan plombé par les logements vacants

La conjoncture redonne un peu d’air au marché. Mais cela ne suffira pas pour infléchir la situation dans les logements locatifs.

Le marché immobilier valaisan est encore et toujours tributaire d’une suroffre croissante. Entre 2016 et 2017, le nombre de logements locatifs vacants a ainsi pratiquement doublé en région sierroise (de 553 à 1051) et augmenté d’un tiers à Sion et ses environs.



La reprise ne suffira pas!

Une situation tendue qui fait dire aux analystes de Credit Suisse que dans ce segment des logements locatifs, la reprise ne suffira pas. «La solide reprise économique qui se dessine va sans doute contribuer à la stabilisation de la demande. Cela devrait certes quelque peu freiner la progression des taux de vacance, mais non la stopper», souligne ainsi Brice Hoffer, coauteur de l’étude sur le marché immobilier suisse 2018 présentée hier en fin de journée devant un parterre d’invités réunis à Saillon.

Et malgré toutes ces locations libres en forte hausse, les prix, eux, n’ont pas vraiment suivi la courbe inverse.


L’ASLOCA dénonce des locations trop élevées

«Il n’y a en effet pas eu de baisse significative sur la facture des loyers», regrette Rita Théoduloz, la présidente de l’ASLOCA Valais. «Les locations sont encore bien trop hautes notamment pour les appartements neufs. Et le problème est que les caisses de pension qui ont investi en masse en Valais parce que les terrains y sont moins chers et que l’argent ne rapporte plus rien à la banque n’ont pas vraiment intérêt à revoir les tarifs à la baisse et peuvent vivre avec des logements vides.»

Responsable de la région Valais francophone au Credit Suisse, Christophe Bonjour fait tout de même remarquer que certains promoteurs «ont multiplié les actions originales – déménagement offert, trois mois gratuits ou fixation du montant mensuel par le locataire – pour essayer de remplir leurs bâtiments». Il n’en reste pas moins qu’au plan national également, les perspectives continuent de s’assombrir sur le marché de ces logements locatifs, en raison de ces taux de vacance en hausse, de la pression croissante sur les loyers et de l’ascendant que prennent les locataires hors des grands centres. «Sur fond de rendements attrayants, la multiplication des risques ne décourage pas les investisseurs qui continuent de plébisciter ce segment», soulignent les analystes.

La production de logements locatifs se maintient ainsi à un très haut niveau, alors que le marché est confronté à un recul de la demande lié au tassement persistant de l’immigration. A titre d’exemple, la population portugaise installée en Suisse avait crû de 14600 unités en 2013. L’an dernier, ce flux migratoire s’est inversé avec plus de retours au pays que d’arrivées (+ 570).


Logements en propriété mieux lotis

Sur le front des logements en propriété (appartements et maisons individuelles), la situation s’est en revanche améliorée ces derniers mois, même si le taux de vacance valaisan se situe au-dessus de la moyenne nationale. Entre Monthey et Saint-Maurice, 1,2% de l’ensemble des logements en propriété attend de trouver preneur.


Et si la production de ce genre d’habitats est au plus bas, «la propriété reste accessible en Valais», souligne Brice Hoffer, grâce à des prix toujours sensiblement inférieurs à ceux pratiqués sur les rives du Léman par exemple. «Avec 29% pour Martigny et sa région ou 26% dans la capitale, l’admissibilité théorique pour un ménage moyen en pourcentage du revenu se situe au-dessous du tiers requis.»

Autre bonne nouvelle, la reprise des prix pour ces biens constatée en Suisse (+3%) n’a pas encore atteint le Valais entier. La croissance des prix de la propriété fait ainsi état d’une légère hausse de 0,6% à Sion et de 0,7% à Monthey.


Le Nouvelliste 16.05.2018


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