La vaccination, un rempart contre certaines maladies


IMMUNITÉ Les vaccins sauvent chaque année 2 à 3 millions de vie dans le monde, selon l'OMS. Ils font pourtant toujours débat. Eclairage.


La vaccination est un sujet sensible qui fait souvent débat. L’émotion prend parfois le dessus. On l’a encore constaté dernièrement lorsque la rougeole a contaminé 18 enfants en Valais – une flambée qui a pu être contenue grâce à une bonne couverture vaccinale dans le canton et des mesures de Santépublique (notamment par une mise en quarantaine des personnes non vaccinées dans les écoles touchées).


«Certaines personnes ont des craintes vis-à-vis de la vaccination. Tout le monde veut le mieux pour sa santé et pour celle de ses enfants. Ces personnes se posent des questions. C’est sain et légitime de s’interroger et de s’informer», souligne Delphine Berthod, cheffe de clinique au Service des maladies infectieuses à l’Institut central de l’Hôpital du Valais.


«Aujourd’hui, les patients sont partie prenante des décisions touchant à leur santé. Ils s’informent. C’est important d’aller chercher les informations auprès des bonnes sources. Le pédiatre ou le médecin de famille peut répondre aux questions. Sur internet, on trouve tout et son contraire. C’est important de vérifier la fiabilité de l’information et de son auteur», recommande le dr Alessandro Diana, médecin responsable du centre de pédiatrie de la clinique des Grangettes et médecin associé, pédiatre infectiologue, au Département enfant et adolescent aux Hôpitaux universitaires genevois.


Eviter 2 à 3 millions de décès

Concrètement, la vaccination va stimuler le système immunitaire et prémunir la personne contre une maladie infectieuse. L’Organisation mondiale de la santé estime que chaque année, la vaccination permet d’éviter 2 à 3 millions de décès dans le monde.


C’est un pilier de la médecine préventive. «On entend souvent dire que les conditions d’hygiène et la qualité de vie sont les seuls éléments qui ont permis de réduire la propagation de ces maladies. Mais les vaccins ont joué un rôle énorme dans la diminution de la mortalité», souligne la dre Berthod.


Certaines maladies, comme la variole, ont même pu être totalement éradiquées. «La population a oublié que dans la génération de nos grands-parents et arrière-grands-parents, certains sont décédés des suites de ces maladies», continue-t-elle.


Aujourd’hui, les vaccins permettent notamment de protéger la population contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, la rougeole, les oreillons ou encore la rubéole. Ces maladies ne sont pas anodines. Elles peuvent avoir des conséquences graves sur la santé, comme la paralysie, des troubles moteurs cérébraux, la surdité, etc.


Un geste solidaire

«En vingt ans, j’ai malheureusement vu trois enfants mourir de la rougeole. La mortalité de la maladie peut aller jusqu’à un cas sur mille. C’est énorme. S’il faut vacciner mille enfants pour éviter un décès, ça vaut la peine», explique le Dr Diana.

«La coqueluche est un réel fardeau pour un nourrisson. Il n’arrive plus bien à respirer et doit souvent être hospitalisé.  On se souvient tous de l’histoire de Maximilian. Ce bébé d’un mois était décédé en 2015 à la suite de cette maladie. Ses parents avaient témoigné au téléjournal pour sensibiliser la population sur l’importance de la vaccination», rappelle le dr Diana.


«La vaccination, c’est aussi un geste solidaire. Elle ne protège pas seulement celui qui la reçoit, mais évite de transmettre une maladie aux personnes plus faibles qui pourraient moins bien répondre aux vaccins comme les nourrissons, les personnes âgées, les personnes souffrant d’un cancer, les personnes immunodéficientes ou les personnes greffées», explique la dre Berthod.


Si la vaccination a fait ses preuves, quels sont les risques pour la santé du vacciné? «Les vaccins subissent de nombreuses phases de tests avant d’être mis sur le marché. Les effets secondaires observés et reportés sont le plus souvent anodins.

Les études scientifiques ont démontré qu’il n’y avait pas de lien avec le développement de l’autisme, de la sclérose en plaque ou encore la survenue de la mort subite du nourrisson», explique la Dre Berthod. «Si une personne est destinée à faire une sclérose en plaque, elle la fera peu importe qu’elle ait été vaccinée ou non», complète le dr Diana.


Enfin, la composition des vaccins, elle aussi, fait débat. «Ils contiennent notamment de l’aluminium. Cet adjuvant permet de stimuler le système immunitaire. La quantité d’aluminium des vaccins administrés jusqu’à l’âge de 2 ans correspond à ce que l’on trouve dans une bouteille d’eau potable de 1,5 litre», termine le Dr Diana.


Plus d’informations: www.infovac.ch

Le Nouvelliste - 01.112017

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